Les autorités judiciaires russes ont annoncé samedi l’ouverture d’une enquête pour terrorisme après le déraillement d’un train, le Nevski Express, vendredi soir entre Moscou et Saint-Pétersbourg (nord), qui a fait 30 morts et 60 blessés, selon un dernier bilan officiel.
D’après le président des chemins de fer russes, Vladimir Yakounine, ce déraillement est la conséquence d’un sabotage: « des personnes non identifiées ont placé un engin explosif » sur les voies, a-t-il déclaré, cité par l’agence Itar-Tass. Des fragments qui pourraient provenir de la bombe ont été retrouvés sur place, a de son côté précisé le responsable de la commission d’enquête gouvernementale, Vladimir Markine. En 2007, un train avait déraillé sur la même ligne à la suite d’une explosion, faisant 27 blessés.
Le bilan, encore provisoire, est cette fois beaucoup plus lourd. D’après le parquet russe, on compte au moins 30 morts, tandis que 60 personnes étaient encore hospitalisées samedi. Dix-huit autres passagers sont portés disparus, a précisé le ministère de la Santé.
Le Nevski Express, train luxueux fréquenté par une clientèle d’hommes d’affaires et de responsables politiques, transportait 633 passagers et 20 membres du personnel de bord entre Moscou et Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays.
Les trois dernières voitures du train, qui en comptait 14, ont quitté les voies près de la localité d’Uglovka, à environ 400km au nord-ouest de Moscou et 250km au sud-est de Saint-Petersbourg. « Quatre-vingt-seize personnes ont été blessées. Toutes ont été évacuées » vers des « hôpitaux des régions de Novgorod et Tverskaïa », a déclaré Sergueï Shoigu, ministre des Situations d’urgence. « Nous travaillons à un plan d’évacuation des blessés graves dans des établissements de Saint-Pétersbourg et Moscou ».
D’après la ministre russe de la Santé, Tatiana Golikova, certains blessés ont été « gravement atteints à la tête, souffrent de fractures, d’autres ont des hémorragies internes et un affaissement des poumons ».
Les enquêteurs ont bouclé les accès au site de l’accident, où un cratère creusé par l’explosion d’une bombe a été découvert, selon les agences de presse russe. Deux énormes grues dégageaient des voitures couchées sur la voie et débris métalliques, tandis que les sauveteurs recherchaient les disparus. Des bagages et débris divers étaient éparpillés dans la boue, due à la pluie.
Des témoins ont déclaré avoir entendu une détonation avant le déraillement. « C’était vraiment terrifiant. Je pense que c’était un attentat, parce qu’il y a eu un ‘bang’ », a témoigné un passager, Vitali Rafikov. Sorti indemne, il a participé aux opérations de secours, dégageant des victimes des wagons disloqués. Igor Pechnikov se trouvait lui dans une des trois voitures qui ont déraillé. « Il y a eu un tremblement, la voiture a été violemment secouée vers la gauche », a-t-il expliqué.
La Russie est régulièrement confrontée au terrorisme, en particulier dans la région du Nord-Caucase, dans le sud du pays. Un attentat au camion-piégé visant le quartier général de la police a fait 25 morts et 164 blessés en août dernier à Nazran, capitale de l’Ingouchie, frontalière de la Tchétchénie.