Créations de postes, accompagnement et suivi renforcé des salariés en difficulté, réfection de locaux ou encore mesures de mobilité sur la base du volontariat: la direction de France Télécom a présenté jeudi un vaste plan en huit engagements pour tenter de stopper la vague de suicides qui marque le groupe depuis février 2008, et revoir les conditions de travail.
« Ces huit engagements portent à la fois sur de nouvelles orientations managériales mais aussi des moyens qui sont dégagés pour que ces nouveaux principes se mettent partout en place », explique la direction dans un communiqué diffusé jeudi. Le plan a été présenté dans la matinée par le nouveau directeur général de France Télécom, Stéphane Richard, qui a pris ses fonctions le 1er mars.
Dans son premier engagement, la direction de France Télécom annonce pour 2010 le recrutement de 3.500 personnes « principalement dans les métiers de la vente et de la relation clients ». La « priorité sera donnée dans les recrutements aux 4.700 apprentis actuellement dans le groupe », précise le communiqué.
La direction s’engage également à restaurer le dialogue social. Une rencontre est prévue lundi entre le nouveau directeur général et les syndicats sur ce sujet.
Autre engagement, la mobilité. Jusqu’à présent imposée au bout de trois ans sur un même poste, et très critiquée par les syndicats, elle sera désormais « basée essentiellement sur le principe du volontariat ».
Par ailleurs, la direction veut une entreprise « plus proche de ses salariés », et annonce une « décentralisation dans la vie courante pour les décisions simples: les recrutements, les congés, la formation, la promotion ».
Autre mesure, 800 sites de France Télécom « feront l’objet de travaux d’amélioration », avec notamment la création de 270 « salles de convivialité » sur « les sites les plus importants ».
La direction de France Télécom annonce aussi un « plan d’urgence (…) pour prévenir et accompagner les personnes en situation difficile, éloignées ou non de l’entreprise ». Dans ce cadre, la direction s’engage « à rester en contact avec toute personne en situation d’isolement ».
Dans le cadre de ce plan, 6.000 managers vont être formés pour détecter les « situations sensibles », le nombre de médecins et d’assistants-sociaux va être augmenté de 20% au sein du groupe, et une direction « de l’environnement du travail est créée ».
Enfin, la direction s’engage à revoir son « mode de pilotage de la performance », et à un suivi régulier de la mise en oeuvre et des effets de ce plan.
Stéphane Richard « s’engage personnellement à revenir vers l’ensemble des salariés début 2011 pour faire le point sur les avancées », selon le communiqué.
Ce plan est annoncé alors qu’au moins huit nouveaux suicides ont eu lieu parmi des salariés du groupe depuis le début de l’année, et qu’une information judiciaire, pour « homicide involontaire par imprudence », a été ouverte par le parquet de Besançon (Doubs) le 15 mars, suite au décès par suicide en août 2009 d’un salarié de France Télécom.
Cette ouverture d’information judiciaire succède à une lettre de l’Inspection du travail adressée en février au syndicat Sud qui indiquait avoir remis au parquet de Besançon un rapport concluant au non-respect par l’opérateur « des dispositions de l’article 121-3 du Code pénal relatives à l’homicide involontaire par imprudence ».