Les acteurs fument de moins en moins dans les films américains: après avoir atteint un pic en 2005, le nombre de cigarettes apparaissant sur grand écran a ainsi reculé ces dernières années, selon une étude menée sur les longs métrages les plus vus entre 1991 et 2009.
L’an dernier, plus de la moitié des 145 principales sorties en salles ne montrait aucune cigarette. C’est un record depuis vingt ans. Pour les films destinés aux enfants ou adolescents, le chiffre était encore plus élevé: 61%. En revanche, elle apparaissait dans 54% de ceux déconseillés aux moins de 13 ans.
Cette étude « montre que Hollywood est parfaitement capable de produire des films sans tout ce tabac et que les gens continueront à aller les voir », observe son auteur principal, Stan Glantz, directeur du Centre de recherche et d’éducation sur le contrôle du tabac à l’Université de Californie. Le rapport a été publié jeudi dans une revue du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à Atlanta.
Stan Glantz et d’autres font pression depuis des années auprès des studios pour qu’ils suppriment le tabac des films destinés aux enfants et adolescents. Ces efforts semblent payer. Les studios ont adopté une nouvelle réglementation et placent désormais des messages antitabac sur les DVD contenant des images de fumeurs.
Selon M. Glantz, plus les jeunes voient des cigarettes à l’écran, plus ils ont tendance à se mettre à fumer. « C’est une tendance qui recule (…), mais on n’a pas encore fait assez de progrès », commente Ursula Bauer, du CDC. Ainsi, un lycéen sur cinq fume, un chiffre qui pourrait, selon elle, être en partie lié à la promotion de la cigarette dans les films.
Pour leur étude, les chercheurs ont examiné les films les plus populaires de ces vingt dernières années: les cinquante premiers longs métrages de 1991 à 2001, et ceux ayant été classés dans le Top 10 hebdomadaire de 2002 à 2009. Ils ont ensuite compté le nombre de fois où on voit un acteur ou une actrice s’en griller une. Après avoir atteint près de 4.000 en 2005, ce chiffre a reculé régulièrement jusqu’à atteindre 1.935 l’an dernier.
Depuis 2007, le tabac fait partie des éléments déterminants pour classer un film sur le marché des Etats-Unis par l’Académie américaine du cinéma (MPAA). La commission de classification examine non seulement l’aspect insidieux de l’usage du tabac mais également le contexte dans lequel il est utilisé. Pour la MPAA, cela permet aux parents de prendre leur décision en connaissance de cause.
Certains détracteurs, dont Stan Glantz, plaident cependant pour que les films représentant des personnages en train de fumer soient déconseillés aux moins de 17 ans n’étant pas accompagnés par un adulte. L’objectif étant tout simplement d’inciter les studios à abandonner l’utilisation de la cigarette dans leurs films afin d’obtenir un classement moins restrictif.
L’étude a été en partie financée par l’organisation antitabac American Legacy Foundation et le Programme de contrôle du tabac de la Californie.