Lis moi avec webReader

Le Céreq publie les premiers résultats de l’enquête Génération 2013 éclairant les cheminements professionnels des jeunes. En 2016, après trois ans de vie active, le taux de chômage des jeunes sortis du système scolaire en 2013 s’établit à 20 %, en baisse de trois points par rapport à celui de la Génération 2010. Cette amélioration, timide, est partielle. Elle ne concerne pas tous les niveaux de formation et va de pair avec des statuts d’emploi plus précaires.

Cinq ans après la crise, la Génération 2013 est entrée sur le marché du travail dans un contexte marqué à la fois par une légère amélioration de la conjoncture économique et par la montée en charge des emplois aidés.

Malgré cela, les non-diplômés, après avoir subi de plein fouet la crise de 2008, restent confrontés à un chômage massif (50 % des actifs) et à une forte précarité des emplois. L’inactivité, traditionnellement élevée parmi les filles non diplômées, a encore progressé : trois ans après leur sortie du système éducatif, 17 % d’entre elles n’occupent pas d’emploi, n’en recherchent pas et ne suivent pas une formation, contre 12 % pour celles de la Génération 2010.

Les diplômés du secondaire ont bénéficié, dans leur ensemble, de l’amélioration la plus nette au regard de l’emploi, mais connaissent aussi la plus forte hausse (+7 points) du taux d’emplois à durée déterminée ; ils constituent en effet la catégorie la plus concernée par l’augmentation du nombre de contrats aidés, notamment des emplois d’avenir. Pour la première fois, les effets de la réforme du baccalauréat professionnel (préparé maintenant en trois ans à l’issue de la troisième) peuvent être observés. Ils sont visibles sur la structure des diplômes : de nombreux jeunes sortant autrefois avec le seul BEP ont rejoint les rangs des bacheliers professionnels dont la part passe de 13 % de la cohorte en 2010 à 17 % en 2013. Plus nombreux, les « bacs pros » connaissent une baisse de deux points du taux d’emploi, mais leur insertion reste bien meilleure que celle des anciens BEP, suggérant un effet global plutôt positif de la réforme sur cette dimension.

Les diplômés du supérieur, pour leur part, conservent les meilleures conditions d’insertion de la Génération. Les trois quarts d’entre eux accèdent à l’emploi de manière à la fois durable et rapide, alors qu’ils sont à peine plus de 20 % dans ce cas parmi les non-diplômés. Néanmoins, leur situation au regard de l’emploi n’évolue guère par rapport à la génération précédente. En-deçà du bac+5, les sortants de licence professionnelle restent les mieux lotis, avec un taux de chômage à 9 %. Ils font ainsi jeu égal avec l’ensemble des diplômés du supérieur long. Les diplômés de M2 connaissent une perte de pouvoir d’achat de leur revenu médian, d’environ 100 euros par mois.

Dans le  cadre du dispositif Génération, près de 20 000 jeunes issus de tous les niveaux de formation ont répondu à cette enquête au printemps 2016. Ils sont représentatifs des 693 000 jeunes sortis en 2013 du système scolaire, en France métropolitaine et d’Outre-Mer. L’enquête est destinée à étudier les différences de conditions d’accès à l’emploi en fonction de la formation initiale et de diverses caractéristiques individuelles.