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Vecteur de rencontres et de partage des imaginaires, le voyage, sous toutes ses formes, est au coeur des 28es Journées européennes du patrimoine samedi et dimanche à Paris et partout en France.

« Le mot ‘Patrimoine’ renvoie vers l’immobilité apparente et le hiératisme des vieilles pierres, mais il contient pourtant le flux de toutes les influences qui les ont façonnées », explique Frédéric Mitterrand, dont le ministère est à l’origine de la manifestation lancée en 1984.

Le ministre de la Culture estime que « donner à voir ces flux est un défi didactique, une incitation à l’ouverture, à comprendre les branchements, à percevoir ce qui circule sous la solennité des sacralisations ».

Joignant en quelque sorte le geste à la parole, le locataire de la rue de Valois donnera le coup d’envoi de ces deux journées en ouvrant dès samedi à 9h les portes de son ministère, où il doit recevoir en personne les tous premiers visiteurs.

A l’échelon national, quelque 15.000 monuments et sites ont prévu d’offrir au public un périple dans l’espace et dans le temps, à la découverte du patrimoine architectural et mobilier français.

Il en va ainsi de la Villa Mauresque de Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), une bâtisse néo-mauresque agrémentée d’un patio et construite avec les anciennes pierres du vieux Fort de Hendaye.

En Auvergne, est proposé un voyage dans le temps, au château et dans les jardins de la Chasseigne de Thiers (Puy-de-Dôme), où sont présentées les us et coutumes des communautés paysannes de la région depuis le XVe siècle.

A Bayeux (Calvados), la plus célèbre tapisserie du Moyen-Age, récit unique de la conquête d’Angleterre par Guillaume le Conquérant, devrait ravir les férus d’histoire et des civilisations comparées. L’exposition « Emakimono et Tapisserie de Bayeux » propose en effet un face-à-face inédit entre la tapisserie du XIe siècle et le rouleau du Grand Conseil Ban (XIIe siècle), un trésor national du Japon.

Au Domaine national de Chambord (Loir-et-Cher), le patrimoine de Chambord, vu par des voyageurs étrangers est raconté par un comédien, avec des intermèdes de luths. Une façon de redécouvrir cinq siècles d’histoire.

Sur l’Ile de Beauté, l’on s’intéresse à l’évolution des moyens de transport en Corse de 1850 à 1950, à travers l’exposition « Les machines du voyage » à l’Hôtel de Région d’Ajaccio (Corse-du-Sud).

Outre-Mer, l’exposition « Les plantes sont du voyage », présentée à Bouillante (Guadeloupe) retrace le voyage de l’Homme, conquérant de nouveaux territoire et des plantes qui l’ont accompagné dans sa colonisation du milieu naturel. Avec en vedette les plantes hallucinogènes dans la pharmacopée traditionnelle des Antilles et de l’Amérique du Sud.

Moins didactique et sans doute plus ludique, à Paris, la RATP, propose un jeu de piste intitulé « L’Enquête du ‘M' ». La SNCF met en scène son patrimoine tant architectural que ferroviaire dans la capitale et dans plusieurs grandes villes de France.

A Paris encore, le Musée des Arts et métiers ouvre ses célèbres réserves et présente quelque 80.000 objets et dessins, dont quelques trésors conservés depuis le XVIIe siècle, en plus de six ateliers gratuits permettant en famille de laisser libre cours à ses talents d’inventeur.

A quelques mois de la présidentielle de 2012, touristes et Parisiens peuvent aussi faire un petit tour à l’Elysée dans le bureau du Président ou bien passer rue de Solférino, au siège du Parti socialiste, déposer un bulletin au bureau de vote factice des primaires installé pour l’occasion.

A la Tour Eiffel, un coin du voile se lève sur la rénovation des ascenseurs historiques, à travers une fresque géante de 200 clichés photographiques inédits retraçant l’historique des deux moyens de transport, mis en services en 1899. Le public aura également et exceptionnellement accès au chantier de rénovation. Soit un accès inédit aux coulisses de la Dame de fer.

D’autres coulisses mettent en valeur d’autres Parisiennes au Lido de Paris, où une mise en scène des costumes d’archives liés à la thématique du voyage est présentée dans le décor du tableau indien de la revue « Bonheur », en plus d’un accès aux loges, celles où les Blue Bell Girls se changent en un clin d’oeil…