Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a annoncé mercredi « un plan de 25 millions d’euros pour soutenir la filière des fruits et légumes », un montant jugé insuffisant par les producteurs, durement touchés par les craintes autour de la bactérie E.coli puis par une météo estivale peu clémente.
« Ça ne permettra pas de compenser les pertes importantes qu’a subies la filière », a commenté Xavier Beulin, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles). « Il faudra sans doute aller un peu au-delà ».
Le « plan d’action » gouvernemental comporte deux volets: une aide conjoncturelle de 15 millions et des mesures structurelles de 10 millions d’euros.
Dans le premier volet, les producteurs spécialisés en pêches-nectarines, en tomates ou en concombres bénéficieront d’allégements de charges sociales et financières. Bruno Le Maire veut leur offrir « un bol d’air » avec ces mesures de trésorerie immédiates qui atteindront 15 millions d’euros.
Bruno Darnaud, président de l’AOP (Association d’organisations de producteurs) pêches et nectarines de France, trouve cette enveloppe « largement insuffisante par rapport à la crise ». Les arboriculteurs sont « très endettés », rappelle-t-il, en précisant que « les producteurs pêches-nectarines ont perdu environ 5.000 euros à l’hectare ».
Pour Xavier Beulin non plus, ces aides « ne compensent pas les pertes enregistrées par les producteurs de fruits et de légumes cette année ». La peur de l’E.coli a fait dégringoler au printemps les ventes de concombres et de tomates, alors qu’il a été ensuite établi que l’épidémie avait pour origine des graines germées. Ensuite, rappelle le président de la FNSEA, les agriculteurs ont été confrontés à « un été froid humide, donc des pertes de consommation, des baisses de prix ». Tout cela a généré « des pertes considérables ».
Pour le volet structurel, les 10 millions d’euros annoncés doivent être répartis comme suit.
D’abord, le ministre de l’Agriculture souhaite que les entreprises de commercialisation soient « plus fortes » afin de pouvoir « négocier un meilleur prix pour les producteurs » – deux millions d’euros seront alloués à leur restructuration.
Ensuite, un million d’euros sera affecté à la modernisation des serres et un autre million à la rénovation des vergers de pêches et de nectarines, ce qui est « indispensable pour avoir de meilleurs rendements », selon Bruno Le Maire. Deux autres millions d’euros financeront la formation des salariés du secteur fruits et légumes.
Enfin, quatre millions d’euros seront débloqués pour les dispositifs Agriculteurs en difficulté (AGRIDIFF) et Aide à la reconversion professionnelle (ARP).
Par ailleurs, le ministre de l’Agriculture a annoncé qu’un médiateur serait nommé pour « régler les difficultés qui sont apparues au sein de l’interprofession » qui regroupe producteurs, transformateurs et distributeurs.
Il a souhaité « qu’un dialogue soit ouvert avec la grande distribution » afin que dans les rayons des supermarchés, « les produits français soient plus valorisés que les autres ».
Déplorant que des fruits et légumes soient encore commercialisés sans bon de commande, Bruno Le Maire a promis des sanctions contre cette pratique qui « revient à faire du dumping ». Un dispositif législatif sera présenté par amendement avant la fin du mois, a-t-il annoncé, en avertissant que la sanction serait « financière », « immédiate » et « lourde ».
Si le coût du travail occasionnel dans l’agriculture a été allégé par une exonération de charges, celui du travail permanent reste plus élevé en France qu’en Espagne, en Italie ou en Allemagne, a observé le ministre. Il s’est fixé pour objectif d’alléger le coût du travail permanent « de l’ordre d’un euro par heure travaillée au 1er janvier 2012″.




