Le procès de Jacques Chirac, poursuivi dans deux affaires liées au financement présumé occulte de l’ex-RPR remontant aux années 90, s’ouvre ce lundi après-midi alors que les avocats de l’ancien chef d’Etat ont fait savoir samedi qu’il n’était plus en état de comparaître.
L’ancien président de la République (1995-2007), âgé de78 ans, n’a « plus l’entière capacité de participer au déroulement des audiences » et a demandé à à être représenté par ses conseils à l’audience, ont-ils fait savoir.
Le président de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Dominique Pauthe, et ses deux assesseurs, devront répondre à cette question. Ils peuvent faire droit à cette demande ou ordonner une contre-expertise.
Dans un courrier adressé au tribunal, dont ses avocats se sont fait l’écho, M. Chirac indique aux juges « son souhait de voir le procès aller à son terme et sa volonté d’assumer ses responsabilités même s’il n’a plus l’entière capacité de participer au déroulement des audiences ».
En mars, l’ancien président, qui devait être présent lors de la journée d’audience, avait prévu de lire une déclaration, a-t-on indiqué dans son entourage en précisant que l’ancien chef d’Etat n’est plus aujourd’hui en état de se défendre ou d’assister à une audience.
Jusqu’à peu, ses avocats affirmaient qu’il serait présent à la deuxième journée d’audience. Reste que les dernières apparitions de M. Chirac, comme à Saint-Tropez cet été, ont montré l’image d’un homme très affaibli.
Selon « Le Monde », un rapport médical signé du Pr Olivier Lyon-Caen, chef du service de neurologie à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, et transmis par ses avocats à la 11e chambre du tribunal, juge que Jacques Chirac est dans un état de « vulnérabilité » qui ne lui permet pas de répondre aux questions sur son passé.
En janvier dernier, Bernadette Chirac avait démenti les rumeurs selon lesquelles son époux était atteint de la maladie d’Alzheimer, reconnaissant cependant qu’il souffrait d’un certain nombre de troubles liés soit à son accident vasculaire cérébral de septembre 2005, soit au processus normal de vieillissement.
Chef de l’Etat de 1995 à 2007, M. Chirac est poursuivi en sa double qualité de maire de Paris (1977-1995) et président de l’ex-Rassemblement pour la République (RPR) dans deux affaires d’emplois présumés fictifs. Il est soupçonné d’avoir avalisé les contrats de personnes salariées par la Ville de Paris travaillant pour le compte du parti gaulliste ou ayant bénéficié d’un emploi de complaisance.
Dans le volet parisien, il est mis en examen pour « détournement de fonds public » et « abus de confiance ». Neuf autres personnes sont poursuivies à ses côtés. Certains de leurs avocats devraient demander lundi la nullité des poursuites pour dépassement du délai raisonnable, les faits jugés remontant à 1992 et 1993.
Dans celui de Nanterre, il est poursuivi pour « prise illégale d’intérêts » et encourt théoriquement dix ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende.
Au total, 27 emplois présumés fictifs, un étant commun aux deux dossiers, sont reprochés à l’ancien chef d’Etat qui a toujours récusé l’idée d’un « système » ou de « pratique organisée », préférant évoquer des « cas individuels ».
Durant son mandat, Jacques Chirac a bénéficié d’une immunité pénale. L’affaire de Nanterre a valu à Alain Juppé une condamnation à 14 mois d’emprisonnement avec sursis en 2004.
Partie civile lors de l’instruction, la Ville de Paris s’est désistée après avoir été indemnisée à hauteur de 2,2 millions d’euros par l’UMP, héritière de feu le RPR, et M. Chirac. Somme correspondant aux salaires et charges des 27 emplois.




