Education: plus de 12 millions d’élèves font leur rentrée dans un contexte tendu

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Plus de 12 millions d’élèves ont repris lundi le chemin de l’école, dans un contexte tendu à l’Education nationale. Les syndicats d’enseignants dénoncent la politique éducative du gouvernement -et en premier lieu la suppression de 16.000 postes de plus cette année- et appellent à une grève nationale dès le 27 septembre prochain.

Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a pourtant assuré -comme chaque année- que cette rentrée allait « bien se passer sur le plan administratif et technique ».

Selon les chiffres du ministère, plus de 859.000 enseignants accueillent en cette rentrée 2011 plus 12 millions d’élèves (près de 6,7 millions dans le primaire et près de 5,4 millions dans le secondaire). Mais M. Chatel a notamment assuré lundi sur France-2 qu’il y avait aujourd’hui 500.000 élèves de moins qu’il y a vingt ans « alors qu’il y a 35.000 professeurs de plus ».

Entre 2007 et 2011, le gouvernement aura supprimé plus de 65.000 postes à l’Education nationale, et prévoit d’en supprimer 14.000 de plus à la rentrée 2012.

Et malgré les propos rassurants du ministre, les suppressions se font de plus en plus sentir sur le terrain. Elles ont d’ailleurs été à l’origine de nombreuses mobilisations locales de parents d’élèves au printemps pour s’opposer à la programmation de fermetures de classes dans les écoles maternelles et élémentaires, avec des actions souvent menées conjointement -chose rare- par la FCPE (classée à gauche), la PEEP (classée à droite) et l’AAPE.

Du côté des personnels, le Syndicat des enseignants-UNSA (SE-UNSA) estime que « cette dernière année scolaire du quinquennat s’annonce (…) particulièrement éprouvante pour les personnels », et « le sera aussi pour leurs élèves qui vivent, année après année, une dégradation mesurable de leurs conditions de scolarisation ».

Dans un communiqué, l’organisation syndicale, qui appelle à la grève le 27 septembre avec la FERC-CGT, la FSU et le SGEN-CFDT, juge que « depuis quatre ans, le tableau Excel des gestionnaires s’est substitué au tableau noir des pédagogues. Les personnels ne se retrouvent pas dans une conception où tout se mesure à l’aune des économies ».

Les enseignants « se refusent à entrer dans un modèle en construction qui a pour objectif de changer la nature même de l’Ecole », un modèle, selon le SE-UNSA, « où la concurrence, la performance, le management seraient les maîtres mots d’un système éducatif concurrentiel dans lequel l’éducation deviendrait un bien de consommation ».

Le SNES-FSU, premier syndicat des enseignants des collèges et lycées, dénonce de son côté l’ »augmentation des effectifs par classe », la « disparition d’options et de dédoublements », les « tentatives accentuées d’imposition d’heures supplémentaires » et les « difficultés accrues pour assurer le remplacement des enseignants absents ».

Pour le proche avenir, « deux projets vont inévitablement conduire à une réaction des personnels », prévient le syndicat. Il cite la réforme « qui vise à confier au chef d’établissement la responsabilité finale de l’ensemble de l’évaluation » des enseignants, ainsi que « le raccourcissement et le zonage des vacances d’été avec l’ultime provocation qui consiste à ne même pas envisager la moindre compensation face à un projet qui vise à augmenter de plus de 5% le temps de travail des personnels ».

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