Près de quatre mois après son arrestation à New York dans une affaire d’agression sexuelle pour laquelle toutes les poursuites pénales ont été abandonnées le 23 août, Dominique Strauss-Kahn a regagné dimanche matin la France, sans faire de déclaration.
Après s’être envolé de New York samedi soir en compagnie de son épouse Anne Sinclair, l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) est arrivé dimanche matin vers 7h à l’aéroport parisien de Roissy, où l’attendaient de très nombreux journalistes, photographes et caméras.
Protégés par un important dispositif policier, Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, souriants, ont récupéré leurs bagages et quitté rapidement l’aéroport, sans faire de commentaires. Suivis par des journalistes et photographes à moto, ils sont montés dans une voiture qui les a conduits à leur domicile parisien, place des Vosges, où ils ont retrouvé la même cohue médiatique.
DSK avait été arrêté le 14 mai à l’aéroport de New York alors qu’il se trouvait dans un avion pour Paris, après des accusations d’agression sexuelle et tentative de viol sur une femme de chambre d’un hôtel new-yorkais, Nafissatou Diallo. L’ancien ministre de l’Economie a toujours protesté de son innocence et plaidé non coupable.
Brièvement emprisonné puis assigné à résidence contre le paiement d’une importante caution, il a été remis en liberté le 1er juillet après la révélation de premières incohérences dans le témoignage de la victime présumée, mais avec interdiction de quitter le territoire américain.
Le 23 août, le juge Michael Obus du tribunal de Manhattan a décidé d’abandonner toutes les poursuites à son encontre. Le magistrat a suivi les procureurs qui demandaient l’abandon des sept chefs d’accusation retenus contre Dominique Strauss-Kahn, dont ceux d’agression sexuelle, tentative de viol, séquestration et attouchements forcés, en raison des mensonges et contradictions de l’accusatrice, témoin principal de l’accusation.
« C’est la fin d’une épreuve terrible et injuste. J’ai hâte de rentrer dans mon pays », déclarait DSK après l’audience, en ajoutant qu’il s’exprimerait « plus longuement » après son retour en France. Après avoir récupéré son passeport, DSK a effectué fin août une visite privée au siège du FMI, à Washington, pour faire ses adieux aux employés et rencontrer brièvement Christine Lagarde.
Si le volet pénal de l’affaire s’est refermé, DSK n’en a pas fini avec la justice américaine car la femme de chambre, Nafissatou Diallo, a maintenu ses accusations et a porté plainte au civil le 8 août pour obtenir réparation financière. la présence de l’ex-patron du FMI au procès n’est pas nécessaire.
Depuis son arrestation, Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, a dû démissionner de son poste au FMI et renoncer à ses ambitions pour l’élection présidentielle de 2012 en France. Les explications de l’ex-favori des sondages sont désormais très attendues.
Par ailleurs, une autre affaire est en cours en France. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après la plainte déposée par l’écrivain et journaliste Tristane Banon, qui accuse l’ancien ministre de l’Economie d’avoir tenté de la violer à Paris en 2002.
Une intervention médiatique prochainement ?




