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Quelques récents développements dans l’affaire DSK

Théorie du complot

Les Français, quand ils ne comprennent pas une histoire ou refusent d’y croire, préfèrent affirmer qu’il s’agit d’un complot. C’est tellement énorme que c’est forcément louche. 57% des Français interrogés par l’institut CSA sont convaincus que le patron du FMI est victime d’une machination. Qui aurait monté cette conspiration ? C’est moins clair. Nicolas Sarkozy, le FMI, la CIA ? Pourquoi pas les services secrets grecs à cause de la cure d’austérité imposée par DSK ?

Les instituts de sondage devraient poser une autre question : pensez-vous plausible que Dominique Strauss-Kahn, seul dans la suite d’un grand hôtel, soit tenté d’abuser d’une femme de chambre ? Compte tenu de ses antécédents, on connaît la réponse, même si les médias français ont toujours été passablement indulgents à l’égard du comportement du dignitaire socialiste.

La machine policière et judiciaire américaine

Avec une rare hypocrisie, les Français prétendent découvrir les pratiques de la police et de la justice aux Etats-Unis. Et pourtant, presque tous les soirs, les Français sont gavés de séries policières américaines qui montrent précisément les arrestations brutales, les menottes, l’exhibition des prévenus devant les médias, les caméras dans les tribunaux. Tout cela figure dans les séries parce que c’est la réalité du système américain. DSK ne doit pas s’en étonner. Ce qui lui a été infligé est imposé tous les jours aux suspects de nombreuses affaires, même les plus célèbres.

Michael Jackson, vedette planétaire, n’avait pas échappé à ce traitement brutal, menottes comprises. On peut s’en indigner mais DSK n’a pas été traité plus durement que les autres suspects. Quand il s’agit d’un petit malfrat, les images sont seulement diffusées par les médias locaux, directement concernés. Dans le cas d’une personnalité connue dans le monde entier, les photos et les reportages de télé se propagent partout.

La stratégie du consentement

Les avocats de DSK pourraient opter pour un système de défense risqué. Ils pourraient s’orienter vers la version d’une relation consentie de leur client avec la femme de chambre. Comme disait Coluche : «Monsieur le Juge, je ne l’ai pas violée, pas plus que les autres. Je vous ferai remarquer que violer, c’est quand on ne veut pas. Moi, je voulais !». Ce serait une stratégie audacieuse qui tendrait à confirmer néanmoins qu’il y a bien eu une rencontre entre DSK et la femme de chambre. Jusqu’à présent, on était dans le déni du côté du patron du FMI. Maintenant, la défense pourrait admettre que, de manière fortuite, DSK s’est retrouvé en tête-à-tête avec la femme de ménage. L’employée de l’hôtel, elle, a reconnu formellement son agresseur au cours de la confrontation au commissariat de Harlem. Au moment des faits, elle ignorait de qui il s’agissait.

Si les avocats de DSK plaident le consentement, ce serait une manœuvre préventive : ils pourront plus facilement expliquer les prélèvements ADN qui risquent d’être accablants pour leur client. Quelle que soit la vérité, on notera que DSK a quitté l’hôtel illico pour, dit-il, aller déjeuner avec Camille, l’une de ses filles. Un petit coup vite fait (et un peu raté) avec une femme de chambre (prétendument consentante) avant de deviser avec sa fille devant un carpaccio de saumon, c’est raffiné !

Le calvaire de DSK

Dominique Strauss-Kahn vit actuellement le moment les plus pénible de son existence. C’est évident. La prison de Riker’s Island est un univers hostile, en contraste total avec son environnement habituel : les limousines, les vastes demeures, les suites douillettes dans les hôtels luxueux et les fauteuils de première classe dans les avions.

 

Revêtu désormais de la fameuse tenue orange des détenus, il a été placé sous surveillance renforcée dans sa cellule afin de prévenir toute tentative de suicide. Il n’est pas le seul à souffrir. Imaginez ce que doit traverser Anne Sinclair qui a déjà fait front à l’occasion d’incartades précédentes de son époux.

Mais pensez surtout à cette femme de chambre guinéenne dont la vie est totalement chamboulée depuis samedi après-midi. Après le choc de la probable agression sexuelle sur son lieu de travail, elle a été confrontée à DSK au commissariat et elle est désormais obligée de se cacher. Elle ne peut plus vivre chez elle. Les détectives travaillant pour la défense de DSK fouillent dans le passé de cette femme et écument son quartier du Bronx afin de dénicher des éléments négatifs la concernant. La première victime, c’est elle. Les hiérarques socialistes qui se lamentent sur le sort de leur chouchou ne devraient jamais l’oublier.

Publié par Anyhow