Conflit salarial à Airbus France : les syndicats désunis signent l’accord

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Le syndicat Force Ouvrière a signé mercredi l’accord prévoyant des augmentations salariales de 2,5% proposées par la direction d’Airbus France à la suite d’un mouvement de grève d’une semaine en avril qui avait paralysé les usines françaises. La CFE-CGC a signé « avec beaucoup de réticences » les propositions tandis que la CGT désapprouve ce texte « pour plusieurs raisons ».

FO, la principale organisation syndicale représentée par 5.000 salariés à Toulouse a estimé « ne pas avoir le choix que de signer », a expliqué Julien Talavan, délégué syndical. « Nous ne sommes pas pleinement satisfaits mais cet accord prévoit une bonne amélioration salariale, une embauche notamment des jeunes ainsi que des promotions », a-t-il ajouté.

« Nous signons cet accord avec beaucoup de réticences », a dit pour sa part Françoise Vallin, déléguée syndicale centrale CFE-CGC, deuxième organisation. « Car il manque des éléments pour les cols blancs comme le recrutement de ces derniers ainsi qu’une garantie du pouvoir d’achat pour les ingénieurs et les cadres », a précisé Mme Vallin, qui a ajouté avoir demandé à la direction de l’avionneur européen un « avenant sur ces deux points ».

De son côté, la CGT « insatisfaite », selon Xavier Pétrachi, délégué syndical central, n’a pas signé cet accord. « La direction propose une hausse de 2,5%: nous sommes un point au dessous de ce que réclamait l’intersyndicale. Pour le volet emploi, la direction ne prévoit en réalité que l’embauche de 60 intérimaires sur toute la France. Enfin, concernant les conditions de travail, la CGT demandait entre autres l’arrêt du système de notation des cadres », a précisé Xavier Pétrachi.

La direction d’Airbus a accueilli dans un communiqué « positivement la signature de l’accord de politique salariale par la majorité des partenaires sociaux, représentant plus de 30% des employés d’Airbus « . La direction a confirmé qu’ »outre une augmentation de la masse salariale de 2,5%, cet accord permet notamment le versement dès la fin de ce mois d’une prime de 500 euros, ainsi que l’augmentation du niveau minimum de salaire ».

Le mouvement d’une rare ampleur au sein d’Airbus avait commencé le 26 avril par une grève des employés de la chaîne d’assemblage des longs courriers A330, A340, A320 et A380. Le 30 avril, près de mille salariés des bureaux d’études du siège social d’Airbus France avaient bloqué le déchargement des avions-cargos Beluga qui transportent les tronçons d’avions fabriqués dans les autres usines européennes d’Airbus. Les salariés réclamaient une augmentation de salaires de 3,5% pour 2010, comparable à celle obtenue en 2009, ainsi que des centaines d’embauches.


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