Etude exclusive GfK Custom Research pour le Wall Street Journal : la France arrive en dernière position, sur 17 pays,pour la propension de ses internautes à payer les informations et contenus sur Internet.
Paris le 4 Février 2010 : Sacrés Français ! Si ils sont 75% à utiliser internet tous les jours, et 54% à estimer que Internet a un impact positif pour la société, ils sont toujours 89% à estimer que les contenus et informations doivent être gratuits sur Internet. Un noyau dur représentant 50% des internautes Français refuse même que ce soit la publicité, intégrée dans ces contenus et informations, qui en permette la gratuité.
En comparaison, les Anglais et les Suédois acceptent à plus de 20% de payer pour ces contenus et informations. Pragmatiques, les Américains acceptent majoritairement (57%) la publicité dans ces contenus pour les rendre gratuits pour l’internaute.Menée sur 17 pays (16 pays d’Europe + USA), l’étude de GfK Custom Research confirme que le modèle économique des contenus on-line reste critique, seulement 13% des internautes mondiaux acceptant de payer.« Passage d’un problème de micro-paiement à un problème demonétisation »« La France est le pays qui souffre le plus du mythe de la gratuitéd’internet», analyse Alexis Helcmanocki, Directeur du Pôle Telecom, IT &Consumer Electronics chez GfK. « Là où d’autres pays, USA et Europe du Nord en tête, ont su expliquer à leurs opinions publiques que Internet était un nouvel accès à l’information et aux contenus, mais pas un nouvel écosystème, la France n’a pas su faire passer le message à ses internautes.Devant les échecs des offres payantes, les éditeurs ont massivement basculé sur des modèles gratuits qui restent gravés dans dans l’inconscient collectif Français : internet, c’est gratuit ! ».
Les plus enclins à payer contenus et informations sur internet sont donc les Suédois (23%), les Hollandais (20%), les anglais (18%) et les Américains (17%). Les Français, les Espagnols et les Polonais sont les plus réfractaires.
Les Français, de gros consommateurs des services internet, ycompris sur les sites transactionnelsCette étude GfK confirme également que les internautes Français sont des accrocs à internet, à la fois par leur fréquence d’utilisation (seulement 25% des répondants déclarent se connecter moins de une fois par jour, et 16% passent même plus de 3H par jour sur le web), mais également de par laprofondeur de leurs usages de la toile.
« Cette étude confirme l’éclectisme des internautes Français, qui après une période de réticence marquée envers le e-commerce et le paiement en ligne, sont passés depuis 2 ans dans le Top 3 des internautes les plus actifs en e-commerce » souligne Alexis Helcmanocki. « Ces chiffres confirmentque les freins au paiement sur internet sont maintenant levés. Les usages massifs en France autour du visionnage de films ou de programmes TV sur internet (jusqu’à 75% de taux d’usage sur des cibles jeunes) confirment également l’appétence des Français envers les contenus rich-média. Le succès phénoménal des sites de replay Français (TF1Replay, M6Replay…),renforcent l’éduction au sponsoring des contenus par la publicité ».Au niveau Monde, un cycle de maturité voire même un cercle vertueux semble se dessiner, par lequel les utilisateurs de services à forte valeur ajoutée, souvent transactionnels (E-banking, e-administration, e-services),ou les utilisateurs de services d’Entertainment (téléchargement de musique, VOD…), sont nettement plus enclins que la moyenne à payer pour les contenus et informations qu’ils vont chercher sur internet.
Un bilan positif d’internet sur la société, en particulier en FranceParmi les autres enseignements de cette étude, figure l’appréciation des apports d’internet. Au global des 17 pays, seulement 51% des internautes déclarent qu’internet a une influence positive sur la société, 36% sont neutres, et 13% sont négatifs, la France est dans le peloton de tête des pays tirant un bilan très positif d’internet dans son influence sur la Société.
« 54% des Français pensent que Internet est une bonne chose pour la société, contre 35% de neutres (ni bon ni mauvais), et 12% de réfractaires,ce qui place la France dans le Top 3 des pays les plus positifs dans leur bilan d’internet » commente Alexis Helcmanocki. « Cet engouement de l’opinion pour ce nouveau média recoupe les forts taux d’usages des français sur la toile, et explique que le marché Français de l’internet soit l’un des plus dynamique d’Europe. Les Français, arrivés sur le tard sur lehaut débit, ont dans leur vaste majorité bénéficié d’un internet rapide et plutôt bon marché, et à des services en ligne ayant eu le temps de se roder et de parfaire leur qualité. C’est d’ailleurs l’un des piliers de l’émerveillement technologique qui caractérise la France depuis plus de 5 ans maintenant ».
Le marché se rapproche-t-il d’un nouvel eldorado… ou du triangledes Bermudes ?« Au final, si cette étude GfK semble démontrer, au niveau mondial, une réticence certaine des internautes à payer pour les contenus et informations qu’ils vont chercher sur le web, des axes encourageants se dessinent. D’une part, l’adhésion au concept de la publicité comme paliatif, même partiel, au paiement par l’utilisateur, démontre que les internautesconçoivent que ce qu’ils trouvent sur le web a une valeur, mais également un coût. Cette prise de conscience est un axe de progrés majeur pour les acteurs du marché » confirme Alexis Helcmanocki. « Autre élément positifs, l’accroissement des achats payants sur le web semble avoir uneffet positif, au final, sur la propension des consommateurs à payer également pour les contenus et les informations ».
« A l’inverse de cet Eldorado certes lointain mais réaliste, la réalité court terme, par exemple pour les éditeurs de presse, est complexe, comme en témoigne les remises en cause récentes, par des acteurs significatifs en France, de leur stratégie payante on-line. Egalement, l’arrivée massive descontenus TV / Vidéo, accessibles via internet, mais sur les nouveaux écrans comme la TV, les tablettes, ou encore les smartphones, rajoute une complexité nouvelle au marché : celui du coût induit en terme d’infrastructure et de débit des réseaux, qui vont à terme rajouter un intermédiaire dans la chaine de valeur : les opérateurs, qui vont réclamer une participation à la bande passante consommée par ces nouveauxservices ».« Au final, comme sur tout marché d’offre, les éditeurs de contenus et d’informations en ligne vont devoir investir à court terme sur des marchés incertains, dans l’espoir de recouvrir ces investissements au travers d’une consommation exponentielle, et réalisée par des internautes de plus en plus disposés à payer pour la valeur reçue via ces services. C’est en tout cas ceque semble démontrer le business case de l’iPhone » conclu AlexisHelcmanocki.
Etude par sondage on-line réalisée par GfK en fin d’année 2009, auprès de 16 800 répondants âgés de 15 ans et plus, dans 17 pays.




