Qui l’eût cru ? La chute du Mur de Berlin n’emporta pas seulement les dogmes communistes. Tous ceux qui pensaient que le socialisme était possible dans la liberté, ceux qui proposaient la Rupture, autour de François Mitterrand au congrès d’Épinay en 1971, et bien d’autres encore plus à gauche, furent atteints. Comment aurait il pu en être autrement, lorsque l’on vit qu’il n’y avait jamais rien eu du tout. Ni Socialisme autoritaire à réformer ou révolutionner, ni « Socialisme réellement existant » avec des défauts et des qualités, mais que la révolution d’Octobre, contrairement à ce qui avait été imaginé n’avait rien bâti qui puisse même résister au temps.La gauche est orpheline. Le grand débat entre Réforme et Révolution qui irrigua les années 60 et 70, supposait qu’il y avait derrière l’une et l’autre voie pour y parvenir un « quelque chose » à découvrir. Las ! Les analyses brillantes de Marx en économie, son œuvre philosophique de talent, ont fait penser que sa proposition politique pourrait avoir une réalité. Il n’en était rien. Mais il était probablement bien difficile à son époque de comprendre la dynamique des sociétés humaines comme la sociologie, la psychologie, la psychanalyse nous l’ont appris au cours du XXe siècle. Les tentatives faites sur la base de cette proposition politique n’ont rien produit de viable. Il faut donc en trouver une autre. De timides débuts ont vu dans les années 60 et 70 apparaître un « courant autogestionnaire » qui posait la question de la finalité et pas seulement des moyens pour y aller. Sa disparition montre que le temps n’était pas mûr pour prendre ainsi le problème.Aujourd’hui un capitalisme neuf et renforcé par la chute du Mur a unifié le monde. Sa crise massive nous montre que les défauts consubstantiels à ce mode de production existent toujours. Mais cela ne doit pas faire renoncer à une perspective sociale.Pour une gauche, qui est au fond l’héritière du libéralisme politique dont la Révolution Française fut le grand vecteur, la nécessite d’être plus performant économiquement pour être plus juste socialement apparaît comme une nécessité. Repenser une proposition sociale à la lumière des transformations apportées par la révolution des sciences et des techniques est vital.Et c’est l’Homme qui est au cœur de tout projet social, son épanouissement qui passe par sa responsabilisation plus que par l’égalitarisme. Le gouvernement des Hommes n’est pas la gestion des Choses. C’est ce que nous montre le siècle passé.Dans cette remise en question des dogmes, l’action prime sur la nostalgie. Responsables de La Gauche Moderne, nous confirmons ici notre choix d’accepter la politique d’ouverture choisie par Nicolas Sarkozy, parce qu’il a su proposer des réformes indispensables à notre pays et prendre, dans la crise, les bonnes initiatives. Mais notre objectif reste d’être un laboratoire d’idées et une source de propositions pour la gauche.19 € disponible chez Fnac




