Les résultats préliminaires du référendum organisé samedi en Islande indiquent que les électeurs se sont massivement prononcés contre le plan de remboursement à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas de 3,8 milliards d’euros après les pertes de leurs épargnants dans la faillite de la banque Icesave.Après le dépouillement de 83.500 bulletins, soit plus de 40% du total des votes exprimés, le non remportait 93% des suffrages, contre 1,5% au oui.Ce rejet tant des banquiers que des hommes politiques était attendu, alors que le pays se remet mal de la récession. Les sondages prédisaient tous la victoire du « non », qui recueillait les trois quarts des intentions de vote.L’opinion publique islandaise est en effet farouchement opposée à l’utilisation de l’argent du contribuable pour rembourser les dettes, qui équivaudraient à environ 100 euros par mois pendant huit ans pour chaque foyer islandais.Le texte visait à verser 2,3 milliards de livres (2,5 millions d’euros) au gouvernement britannique et 1,3 milliard d’euros au gouvernement néerlandais, pour les fonds qu’ils ont remboursés à quelque 340.000 de leurs citoyens ayant perdu leur épargne dans la faillite de la banque Internet Icesave.La monnaie a perdu beaucoup de sa valeur lors de la crise, et le gouvernement était tombé par la suite. La banque en ligne offrait des taux attractifs déconnectés de la réalité du marché, et elle a fait failite avec sa maison-mère, Landsbanki. L’Islande subit désormais 7% d’inflation annuelle.Le Premier ministre, Johanna Sigurdardottir, a trouvé le résultat « sans surprise », estimant qu’il était temps de revenir à la négociation sur la dette avec les deux pays lésés.Le vote pourrait conduire à une dégradation de la note de l’Islande auprès des agences de cotation, ce qui rendra difficile le financement d’un relèvement de l’économie du pays.




