USA : la gestion fédérale du système de santé est déjà une réalité

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Le principal argument de l’opposition républicaine contre la réforme de santé du président Obama consiste à accuser le gouvernement fédéral de vouloir prendre le contrôle du système de soins, mais c’est déjà presque une réalité, si l’on regarde les chiffres et la tendance.Pour la première fois dans l’histoire du pays, les programmes fédéraux vont couvrir plus de la moitié des dépenses de santé en 2012, et cette part devrait continuer à grimper inexorablement, estiment les actuaires fédéraux. Leur part devrait s’élever à 52% d’ici 2020 contre 42% actuellement, d’après leurs prévisions.Le projet de réforme défendu par le président des Etats-Unis prévoyait une couverture de santé publique optionnelle, une disposition qui suscite d’âpres discussions depuis des mois. »Je ne sais pas si quelqu’un s’en est rendu compte: pour la première fois cette année, on a vu plus de gens recevoir des soins de santé du gouvernement que du secteur privé. Pas parce que nous avons fait quelque chose, mais parce que de plus en plus de gens perdent la couverture santé de leurs employeurs. Cela devient inabordable », a d’ailleurs souligné Barack Obama la semaine dernière.Ces chiffres pourraient en effet constituer un argument de poids en faveur de la réforme, au moment où le chef de la Maison Blanche tente à nouveau de faire passer son projet face à une opposition républicaine enhardie. Après la perte d’un siège-clé dans le Massachusetts le mois dernier, les démocrates ne disposent plus de la majorité qualifiée au Sénat leur permettant de contrecarrer les tentatives de blocage républicaines. Ils doivent désormais trouver d’autres moyens de faire passer la réforme.Le président Obama a donné rendez-vous aux dirigeants républicains et démocrates pour discuter de la réforme du système de santé avec lui et des experts le 25 février lors d’un débat télévisé que pourront donc suivre les Américains pour « comparer » les idées des deux camps. C’est à la fois une offre de compromis et un défi lancé aux Républicains, qui se sont opposés en bloc lors du vote du projet de loi au Sénat, et dont un seul a voté avec la majorité démocrate à la Chambre des représentants.En attendant, les électeurs peuvent consulter la revue « Health Affairs » qui publie ce mois-ci des projections sur la part croissante des dépenses fédérales dans le système de santé, en intégrant l’impact de la récession et du chômage, ainsi que les dépenses pour le programme d’assurance maladie fédéral pour les plus pauvres, Medicaid, et celles du programme pour les plus de 65 ans, Medicare, qui va devoir intégrer les baby-boomers vieillissants.Selon cette étude, les dépenses nationales de santé s’élevaient à 2.500 milliards de dollars (1.800 milliards d’euros) en 2009, soit 17,3% du Produit intérieur brut après l’augmentation annuelle la plus marquée depuis 50 ans. D’ici à 2020, les dépenses de santé devraient atteindre 4.500 milliards de dollars par an (3.300 milliards d’euros) et constituer 20% du produit intérieur brut (PIB).Les efforts du président Obama pour dépasser les clivages et « parvenir à quelques accords » bipartisans sur la réforme de santé s’annoncent comme un combat de longue haleine.Son prédécesseur démocrate à la Maison Blanche, Bill Clinton, avait également tenté de réformer le système de santé américain et de créer une quasi-couverture universelle, mais le Congrès majorité démocrate ne l’avait pas suivi, ce qui lui avait valu un vote-sanction aux élections de mi-mandat de 1994.Si le scénario venait à se répéter aux élections de mi-mandat de novembre 2010, la réforme de la santé pourrait devenir un « dossier maudit ».

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