Suite à une bagarre, plusieurs mineurs de moins de 16 ans ont été gardés à vu les 2 et 3 février à Paris, jusqu’à 25 heures notamment pour l’un d’eux âgé de 14 ans. Ce nouveau scandale est emblématique des méthodes de la police française : la réclusion ponctuelle en dehors de tout jugement. Pourtant, la police est censée protéger les citoyens, pas devenir une menace pour eux. Ce sont pas moins de 900 000 gardes à vue qui ont été effectuées en 2009. Pour un pays de 60 millions d’habitants, ce chiffre en constante augmentation fait froid dans le dos. Il semble que la lepénisation des esprits n’est hélas plus un concept au sein du corps policier mais un mode de travail.
Cette méthode violente de contrôle social dorénavant appliquée à monsieur et madame tout le monde, ainsi qu’à leurs enfants, est inacceptable.
Elle est vécue comme une véritable agression, attentatoire à leur dignité, par tous ces citoyens qui n’ont rien à faire en garde à vue. Les conditions de rétention sont dans de nombreux cas assimilables à de la torture physique et psychologique. Enfermement dans des locaux sans sanitaires ou infects, touchés rectaux effectués pour humilier, mises à nue injustifiées… A l’heure de la multiplication des scanners, on est en droit de se demander à quoi riment ces pratiques d’un autre siècle.
Située dans l’angle mort du droit et dénoncée par les organisations internationales, la massification de la garde à vue dans notre pays doit être stoppée. Il faut la réserver aux infractions passibles d’une peine de prison supérieure à cinq ans et la soumettre à autorisation judiciaire pour les autres. Les avocats doivent pouvoir accéder au dossier pénal, assister aux interrogatoires. En ce qui concerne les mineurs, les avocats doivent pouvoir assister à la totalité de la garde-à-vue.
Djamila Sonzogni
Porte-parole nationale des Verts




