Le refus de quotas de boursiers dans les grandes écoles irrite le gouvernement

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L’objectif affiché du gouvernement de mener près de 30% de boursiers dans les grandes écoles a été rejeté par la Conférence des Grandes écoles (CGE), provoquant une certaine irritation au sein du gouvernement.Le ministre de l’Education et porte-parole du gouvernement Luc Chatel s’est déclaré « parfaitement choqué » et a maintenu cet objectif de 30%. « Je le crois, je le souhaite; c’est la volonté du gouvernement de le faire ». Sa collègue de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse a pour sa part exhorté les grandes écoles à se montrer « volontaristes ». »On ne peut pas continuer avec un système » où, par rapport à un enfant de cadre, un enfant d’ouvrier en classe de seconde « a cinq fois moins de chance de se retrouver trois ans après en classe préparatoire », a déploré M. Chatel sur France Info. Face à ce « prédéterminisme », il a jugé que « le seul moyen de l’imposer, c’est de mettre en place des quotas dans les classes préparatoires », un processus déjà en cours. »Imaginer que cela abaisserait le niveau parce qu’on ferait appel à des élèves de milieux défavorisés, je trouve ça profondément choquant », a répété le porte-parole du gouvernement, réagissant au refus de ces quotas à l’entrée des grandes écoles formulée par la CGE.Dans un texte daté du 23 décembre et dévoilé dans « Le Monde » de mardi, la CGE, « rappelant que l’admission dans les grandes écoles est basée sur le mérite, désapprouve d’une manière générale la notion de ‘quotas’ et réaffirme que les niveaux des concours doivent être les mêmes pour tous ». »Tout en reconnaissant que des soutiens individualisés doivent être apportés aux candidats issus de milieux défavorisés pour les aider à réussir des épreuves qui peuvent leur sembler plus difficiles parce que leur contexte familial ne les y a pas préparés », elle estime que « toute autre politique amènerait inévitablement la baisse du niveau moyen ».Le président de la CGE Pierre Tapie s’est livré mardi à une comparaison avec les sportifs: « est-ce que vous pensez qu’on améliorerait le niveau de notre équipe championne du monde de handball si on imposait que parmi les joueurs de handball, il y ait tel pourcentage de gens ayant une caractéristique particulière? La réponse est non, bien sûr. C’est exactement la même chose » pour les grandes écoles. »Quand vous sélectionnez des gens qui sont des athlètes de la performance intellectuelle, il faut faire en sorte que tous les gens d’origine modeste ou pas modeste puissent candidater (sic) à ces concours », a-t-il martelé sur France Info.La ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse a affirmé être « contre les quotas » et a assuré que le gouvernement ne les imposerait pas, tout en exhortant les grandes écoles à être « volontaristes ». « N’ayez pas peur de changer vos méthodes de recrutement pour prendre des jeunes qui ont de la valeur ».Face au manque « d’ouverture sociale dans le recrutement des grandes écoles », Mme Pécresse a proposé sur Europe-1 de « réfléchir aux contenus de ces concours ». « Ce que doivent mesurer les concours, c’est l’intelligence des élèves: quand on a passé une batterie d’épreuves très dures à l’écrit, (…) on devrait avoir à l’oral des épreuves qui mesurent l’intensité, la valeur du parcours », a-t-elle plaidé.

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