La France a décidé de mettre en place une taxe exceptionnelle sur les bonus versés en 2010 dans le secteur bancaire, au titre de l’année 2009, a-t-on appris jeudi auprès du ministère des Finances et à l’Elysée. »Le président y songeait depuis le mois d’août mais il était impossible de le faire seul », a-t-on expliqué dans l’entourage de Nicolas Sarkozy. La décision des Britanniques de taxer les bonus supérieurs à 25.000 livres à hauteur de 50% « a levé un obstacle parce que notre principal concurrent, c’est Londres », selon les mêmes sources.Selon l’Elysée, « la France et la Grande-Bretagne vont tester l’idée ce (jeudi) soir », lors d’un entretien bilatéral entre Nicolas Sarkozy et le Premier ministre anglais Gordon Brown en marge du Conseil européen. « Tous les détails ne sont pas fixés, nous travaillons sur les modalités, nous étudions le plan anglais pour voir ce qui est faisable en France, il existe déjà des règles en France », prévient-on à la présidence française insistant sur la « situation exceptionnelle »: « la BCE prête à des taux très bas et l’Etat a beaucoup prêté aux banques ». »Il y aura bien une taxe exceptionnelle sur les bonus payés en 2010 au titre de 2009″, a aussi déclaré à l’AP un membre de l’entourage de la ministre Christine Lagarde.Le président Nicolas Sarkozy s’est dit favorable au principe d’une telle taxe dans une tribune commune avec Gordon Brown, publiée jeudi dans le « Wall Street Journal ». « Nous pensons qu’une taxe exceptionnelle assise sur les bonus devrait être considérée comme une priorité, parce que les bonus en 2009 ont augmenté en partie grâce au soutien du système bancaire par les gouvernements », écrivent les deux hommes.Le Premier ministre britannique a annoncé mercredi la mise en place d’une taxe exceptionnelle de 50% sur le montant des bonus versés par les banques à leurs employés, si ceux-ci dépassent le seuil de 25.000 livres sterling (environ 27.600 euros).Dans son discours du 25 août dernier devant les représentants du secteur bancaire et financier français, M. Sarkozy avait déjà évoqué « la création dans toutes les places financières d’une taxe assise sur les bonus distribués, dont le produit alimenterait les systèmes de garanties des dépôts, qui sont sollicités en cas de crise ».Selon Bercy, les modalités précises d’application de cette taxe exceptionnelle sur les bonus « ne sont pas encore tranchées ».




